
Genèse et Développement dos Tocardinhos
Par Amadou Von Nicolaï, ethnologue australien (jan 1935 – mai 2005)
{ Uluru, le 10.05.2005
Fruit d’une improbable rencontre entre une chanteuse enfumée spécialisée dans les récitals
en maisons de retraite et un gratouilleur looser alcoolique qui aurait voulu être une punk rock star,
le groupe « Os Tocardinhos » naquit sous une bonne étoile puisque c’est la nuit qu’il vit le jour.
C’est en effet par un mémorable soir de printemps 2004, au cours d’une légère beuverie dans ce temple
de la musique parisienne qu’est le Cadran Breton, alors même que les deux protagonistes venaient à
peine de se découvrir des passions communes pour la Musica Popular Brasileira, l’Axé Musica et la
feijoada, que fut pris le pari de jouer à Paris, plus précisément dans ce même haut-lieu précité,
encore plus précisément deux mois après le soir sus cité. Le défi était d'autant plus grand qu'il
allait falloir monter un répertoire d’une vingtaine de chansons , quand bien
même ni l’un ni l’autre n’avait la moindre idée des performances musicales ni de l’autre ni de l’un.
Elle, ukrainienne enracinée dans son pays (sauf la langue qu’elle ne parle pas), lui coréen
jusqu’au bout des ongles (sauf l’apparence qui n’a rien à voir), c’est tout naturellement
qu’ils choisirent un nom portugais pour baptiser leur bébé issu d’un acte coïtal quoique
platonique d’une intensité telle que rien que d’y penser je me reprendrais bien une bière.
En effet, à bien y repenser, le baptême se tint un autre soir de printemps 2004, au cours
d’une autre légère beuverie dans ce temple de la musique qu’est le Cadran Breton, alors
même que les deux protagonistes se demandaient en se récurant le neurone ce qu’ils allaient bien pouvoir écrire comme nom de groupe sur le calendrier des AGF que leur tendait Bernadette, tenancière du lieu précité, afin d’y réserver la soirée sus citée… Ainsi naquit « Os Tocardinhos ».
Comment ne pas évoquer ici l’homme de l’ombre, le 3eme homme, surnommé « l’africain », le ciment du tandem,
celui qui partage les nuits tantôt de l’un, tantôt de l’autre, sans qui rien ne serait, ni l’être, ni le néant.
Mais nous en resterons là pour respecter l’anonymat qu’il choisît comme on choisit d’entrer au couvent.
Mais, foin de bavardage, le principal est ici d’évoquer la signification profonde du nom « Os Tocardinhos »,
signification que tous réclament au groupe à corps (assez rare) et à cris (plus souvent).
Os Tocardinhos, deux mots, simples, concrets, avec, c’est chose remarquable s’il en est,
tous deux des consonnes et des voyelles, sauf le premier qui n’a qu’une seule consonne
(ainsi d’ailleurs qu’une seule voyelle, le lecteur l’avait-il seulement remarqué ?).
Os Tocardinhos, deux mots, « Os » et « Tocardinhos », qui mis bout à bout forment « Os Tocardinhos »
(d’ailleurs, et c’est là autre chose remarquable, ce sont les deux seuls mots qui mis bout à bout
forment « Os Tocardinhos », j’ai essayé avec plein d’autres mots, ça ne marche pas ! c’est incroyable…).
Os Tocardinhos, deux mots, « Os » qui émet des vibrations de mort, de yin, de chat et de feijao,
« Tocardinhos » qui lui renvoie joyeusement son envie de vivre, de yang, de chien et d’arroz.
Os Tocardinhos, deux mots, « Os » et « Tocardinhos », qui mis bout à bout évoque, le lecteur en
conviendra aisément, l’envie d’amour au grand air, les plages du golfe du Siam, le dernier acte
avant la séparation, le temps après le temps, les autres, tout simplement…
Voilà, pour conclure, « Os Tocardinhos » signifie très exactement… }
Le récit manuscrit du regretté Amadou s’arrête ici. En effet, l’écrivain fut retrouvé mort,
probablement empoisonné par une feuille d’Eucalyptus pas fraîche que l’on a retrouvé dans son
estomac au cours de l’autopsie. Des témoins ont vu s’enfuir en courant ce qu’ils ont pris pour
un koala. Le mystère reste aujourd’hui entier.